L’incroyable Hulk, l’irascible
scientifique que les frustrations et la colère transforment en monstre
vert, revient crever nos écrans. Il attirera sans doute les fans de la
bande dessinée et les accrocs de la série télévisée. Une histoire
ancienne servie avec une extravagance d’effets spéciaux, la spécialité
de Ang Lee.
La résurrection fait école à
Hollywood. Après une première tentative fructueuse, les Anges de Charlie
(Charlie’s Angel) cuvée 2003 renaissent sur les écrans pour une deuxième
fois dans Charlie’s Angels : Full Throttle, traduit toujours aussi
platement par Charlie et ses drôles de dames se déchaînent.
Aux nouveaux anges de Charlie,
Lucy
Liu,
Cameron Diaz et
Drew Barrymore, vient
se greffer un visage connu et payant au box office, la toujours aussi belle
et sulfureuse
Demi Moore. Bien pensé de la part des producteurs de mélanger
ainsi des « anges » couvrant deux générations.
Que dire de l’insipide Swept Away
de Guy Ritchie sorti en salle en 2002 et mettant en vedette la femme de ce
dernier,
Madonna. Dommage, puisque le film original, œuvre de Lina
Wertmüller, était un véritable petit bijou. Les cinéphiles auraient avantage
à fouiller dans des magasins spécialisés en location de vidéo classiques
pour trouver la version originale.
La liste des remakes et des sujets
inspirés des bandes dessinées pourrait s’allonger ad nauseam. Citons parmi
les plus connus The In-Laws, une comédie avec
Michael Douglas et
Albert Brooks inspirée directement d’un film du même nom créé en 1979, The
Flingstone, film tiré de la série de dessins animés et Chicago, une pièce de
Broadway transformé en film.
À mesure que la matière grise
hollywoodienne s’atrophie, l’industrie cinématographique puise sa ration de
longs métrages dans les success stories du passé ou dans les séries
télévisées qui ont fait époque. Il ne faudra pas s’étonner de revoir
Scarlett O’Hara sous d’autres traits que ceux de Vivian Leight, de voir la
famille d’Homer
Simpson s’incarner dans la peau d’acteurs et
d’actrices d’Hollywood, de revoir des classiques de la science fiction
ressusciter du passé par des spécialistes des effets spéciaux comme on l’a
fait pour Star Wars.
Ce qu’il faudrait ressusciter, ce ne
sont pas des œuvres d’un autre âge mais les auteurs géniaux qui les ont
conçues. En attendant, résignons-nous à manger du cinéma réchauffé.