Le sein terrorisant...
Sainte-Adèle, Québec, Canada - 10 février
2004
Par Max
Il a fallu d’un sein pour que le présumé pays le plus puissant du monde ne s’émeuve, ne se
choque, ne se scandalise, ne s’effondre. Ce pays capable des plus grandes
réalisations et des pires atrocités, a prouvé qu’il est encore solidement
coincé dans une hypocrite bigoterie. Dans cette société où des adolescents
armés jusqu’aux dents tuent pour le simple plaisir de faire un carton sur
leurs camarades de classe, comment concevoir que la simple image d’un sein
traversant l’écran comme un météorite puisse faire scandale. On doit au
voyeurisme maladif de la presse nord américaine d’avoir amplifié à outrance
la maladresse d’une artiste en mal de publicité. Si l’exposition de l’infâme
mamelle a échappé à la presque totalité des spectateurs, la télévision n’a
pas manqué de faire rejouer ad nauseam et souvent au ralenti une scène ne
méritant pas tant d’attention.
Pourtant, ce sein
timidement camouflé par un bijou cache mamelon en dévoilait à peine plus que
certaines toilettes extravagantes traversant le tapis rouge des Grammy’s ou
des Golden Globes. Faut-il comprendre que pour les fanatiques religieux le
péché habite à l’extrémité des poitrines féminines. Que si le sein
timidement exposé est épargné par la foudre divine, le mamelon ne peut
espérer le pardon.
Les geste de la
cadette de la mal aimée famille Jackson était-il plus provocateur et
suggestif que le baiser lascif d’une Madona sur les lèvres pulpeuse de la
jeune Britney Spears?
Était-il plus vulgaire que le cul vieillissant d’un
Jack Nicholson montré en
pleine présentation des Golden Globes? Curieux quand même cet élan de pudeur
dans un pays où l’industrie du sexe est l’une des plus florissante du monde.
Peut-être que l’aigle, symbole de la grandeur américaine devrait se pousser
pour laisser la place à l’autruche, moins noble sans doute mais tellement
plus approprié pour décrire le dénie et l’hypocrisie institués en système
dans l’empire américain.
Le seul regret qui
devrait hanter Janet Jackson,
c’est d’avoir eu l’indécence de s’excuser pour un geste qui était
manifestement planifié. Elle s’est dignement ressaisie en refusant de faire
la courbette comme Justin
Timberlake et présenter des excuses aussi plates que dénuées de
sincérité. Il est maintenant à souhaiter que son nouveau CD dont le
lancement est prévu prochainement se vende à la hauteur du talent de
l’artiste et non pas grâce à l’aura du scandale qui l’aura précédé.
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